Drones in Africa

Pour l’Afrique, le potentiel de création de valeur des drones est considérable.

Sa géographie s’y prête bien : des grandes distances et, si l’on met de côté les grandes métropoles, des territoires à densité modérée.

Les drones peuvent changer la donne et relever certains défis auxquels font face des pays en Afrique, par exemple :

  • L’optimisation des récoltes agricoles par analyse des cultures et des sols
  • La lutte contre le braconnage, la lutte contre la pêche illégale
  • La surveillance des fuites de pipeline et plus généralement la surveillance des infrastructures
  • La cartographie des territoires en complément de l’imagerie satellite
  • Le transport d’urgence de fournitures sanitaires ou vers des zones difficiles d’accès
  • La couverture réseau télécoms en local.

L’intérêt du drone est sa capacité à s’affranchir des contraintes géographiques et des développements d’infrastructures au sol couteuses. Cette innovation de rupture pourrait permettre de « sauter une étape », comme l’avait permis en son temps le téléphone portable comme moyen de communication à la portée du plus grand nombre, plus adapté et économique que le réseau de téléphonie fixe classique.

C’est l’opportunité de mener une politique drones spécifique à chaque pays, de privilégier les cas d’usage vraiment pertinents dans le contexte du pays et de favoriser l’essor des économies et des entreprises locales.

Le tempo de l’évolution : structurer dès à présent le cadre réglementaire

Peu de pays africains aujourd’hui ont développé une réglementation spécifique aux drones. Mais au fur et à mesure que les drones deviennent accessibles au plus grand nombre, professionnels et particuliers, la non-réglementation ou la sur-réglementation vont atteindre leurs limites, car le risque est la multiplication des vols illégaux dans des conditions inadéquates, entraînant des risques de sûreté.

L’Afrique du Sud par exemple a mis en place une règlementation spécifique aux drones très exigeante et les autorités estiment qu’il y aurait 2 à 3 fois plus de vols illégaux que de vols légaux sur leur territoire.

Il est préférable d’avoir une approche pragmatique, proactive, de manière à ce que les autorités restent en contrôle et fixent au préalable le cadre qui leur convient, y compris en termes de sécurité nationale et de sûreté aérienne, et dans lequel acteurs nationaux et étrangers, devront s’insérer.

Anne-Lise Scaillierez